jeudi 1 août 2013

Ephémérides d’août

Ephémérides d’août

2 août 1903 : La Macédoine, sous la direction du chef populaire Ilinden, entre en insurrection contre l’empire ottoman. Les troubles dureront jusqu’en novembre. Ils sont le prélude aux futurs guerres balkaniques de la seconde décennie du 20ième siècle, immédiatement avant le déclenchement fatidique de la première guerre mondiale. La répression turque sera féroce. L’empire ottoman s’accroche à ses positions européennes. La Macédoine aujourd’hui, doit faire face à des menées islamo-albanaises, qui entendent bien venger les défaites et ressacs ottomans dans la région et inclure une Macédoine affaiblie dans un axe albano-turc permettant de réaliser le vœu du président turc Özal : celui d’une turcophonie de l’Adriatique à la Muraille de Chine. 

5 août 1852 : Le célèbre pamphlet de Victor Hugo contre Napoléon III, intitulé significativement « Napoléon-le-Petit » paraît à Bruxelles, à la grande fureur du futur nouvel empereur. La parution de ce pamphlet corrosif se place dans un contexte de guerre culturelle intense entre la France et la Belgique. En mars, deux polémistes orléanistes français, d’Haussonville et Thomas, avaient été acquittés par la cour d’Assises de Bruxelles, alors que la France les avaient fait poursuivre sur base d’une loi belge interdisant de critiquer et de s’en prendre aux princes et aux souverains. Le tribunal belge avait estimé que Louis-Napoléon n’était ni l’un ni l’autre. Sous pression de la France, le Parlement belge fera toutefois passer la loi « Faider », qui remplaçait les termes « princes » et « souverains » par « souverains ou chefs des gouvernements étrangers », ce qui a déclenché la fureur des journalistes belges, à l’époque très soucieux de défendre la liberté d’expression. Les temps ont bien changé! Aujourd’hui, les journalistes belges sont ceux qui luttent contre toute véritable liberté d’expression, qui insultent les victimes, qui incitent les esprits contre elles, avec l’aide des tribunaux ! Après 1852, l’animosité de nos grands écrivains, dont Charles de Coster, contre Napoléon III, provient de cette inacceptable immixtion de la France dans les dispositions libertaires de notre première constitution, bien violentée depuis lors ! C’est aussi, rappelons-le au passage, Danièle Mitterrand qui, près de 140 ans plus tard, est venu plaider pour renforcer les actuelles lois liberticides qui sévissent en Belgique. Ce fut toujours du Sud que vinrent les pires attentats à l’encontre de nos libertés publiques. En 1852, la France interdisait même à tout livre publié en Belgique de franchir la frontière, sous prétexte qu’il y avait parmi eux des « copies » ou des « contre-façons ». Le 22 août 1852, un accord met un terme à ce malentendu, mais la France continue à frapper de lourdes taxes les œuvres belges qui entrent sur son territoire.


6 août 1859 : L’activiste anti-esclavagiste américain John Brown est pendu à Charleston pour avoir inciter les esclaves à la révolte, ce qui avait causer de sévères débordements, dont bien des innocents furent les victimes. Cette exécution va toutefois échauffer les esprits et attiser les passions, qui conduiront à la Guerre de Sécession, où le Nord, qui n’a évidemment cure du sort réel des esclaves, va jouer à de pures fins de propagande, la carte anti-esclavagiste pour imposer au Sud un système moderniste et industriel.

7 août 1779 : Naissance à Montélimar de Louis-Claude de Saulces de Freycinet, officier de marine et cartographe qui devint, pour la France, un explorateur attentif des eaux du Pacifique et des côtes de l’Australie, dans la logique qu’avait voulu amorcer Louis XVI et ses grands marins dont La Pérouse. En 1800, Louis-Claude de Freycinet rejoint un autre marin français pour un voyage d’exploration des côtes du Sud et du Sud-Ouest de l’Australie et de la Tasmanie. A son retour en 1804, il rédige Voyage de découvertes aux terres australes qui paraîtra à Paris en 1807. Il fut l’un des premiers à dresser des cartes de ces terres inconnues en Europe à l’époque. En 1817, à bord de l’Uranie, il part à nouveau explorer le Pacifique, accompagné de son épouse. Il débarque à Timor. Au retour, via le Cap Horn, l’Uranie coule au large des Malouines, mais les échantillons, les données scientifiques et les spécimens sont sauvés du désastre et envoyés en France. Freycinet et son épouse survivent au naufrage. Il décède en 1842. Il est un de ses grands marins qui auraient pu donner un destin planétaire à la France mais celle-ci, au lieu de les écouter, a épuisé toutes ses forces sur le continent en voulant détruire la seule institution capable de donner à l’Europe une épine dorsale politique : le Saint-Empire Romain de la Nation Germanique. 

8 août 1871 : Le sultanat de Bahrein devient un protectorat britannique. Les Britanniques, plus clairvoyants que les autres Européens, et bons connaisseurs des espaces arabes et persans, avancent leurs pions et commencent à enserrer la péninsule arabique dans un réseau de comptoirs et de bases. C’est le départ d’une véritable mainmise anglo-saxonne sur cette région hautement stratégique du globe. En 1890, l’Angleterre accroît encore sa zone d’influence en assumant le protectorat sur Oman. En 1945, les Etats-Unis prendront le relais. Les deux guerres du Golfe menées contre Saddam Hussein confirment la continuité. Rappelons aussi que Bahrein a toujours été dans la sphère d’influence persane et est d’obédience chiite contrairement au sunnisme wahhabitique qui prédomine largement en Arabie Saoudite. Autre petit rappel utile : lors d’un putsch soi-disant communiste à Bahrein dans les années 70 du 20ième siècle, les troupes du dernier Shah d’Iran étaient intervenues et avaient rétabli l’ordre sans utiliser la logistique américaine, probablement dans l’intention de rester sur ce territoire anciennement persan. Cette opération avait rendu le Shah d’Iran suspect aux yeux de Washington, ce qui le conduira à sa perte. Bahrein demeure une position stratégique très importante, surtout à l’heure où un conflit avec l’Iran semble imminent. 

9 août 117 : L’empereur romain Trajan meurt à Sélinonte de Cilicie (sur l’actuel territoire turc), en revenant d’une expédition contre les Parthes, à qui il avait arraché la Mésopotamie, à la suite d’une campagne militaire visant, dans un premier temps, à maîtriser les Balkans tout entiers et les Carpathes (la Dacie), et dans un second temps, la Mésopotamie, afin de donner à l’Europe romaine, centrée sur la Méditerranée et le Danube, un débouché sur l’Océan Indien dans le Golfe Persique. Sous le règne de Trajan, deux autres faits majeurs à signaler : le réseau routier de l’Empire, qui est sa marque géostratégique première, atteint l’équivalent de 80.000 km et l’historien Tacite inaugure une pratique, celle de rédiger des « Annales » d’Empire, recensant tous les faits majeurs à retenir pour la postérité, afin de consolider une mémoire historico-politique, capable d’épauler à tout moment les décideurs. Aujourd’hui, en bons disciples de cette discipline « tacitiste », nous retiendrons, de l’aventure politique et militaire de Trajan, que le sort du sous-continent européen est lié à la maîtrise de Danube, du Dniestr, de la Mer Noire, de l’Anatolie et de la Mésopotamie. Autrement, si elle ne maîtrise pas ces espaces ou si elle les laisse sous la domination d’une puissance adverse, l’Europe est fragilisée sur son flanc sud-oriental et se retrouve bloquée, incapable de toute initiative stratégique de grande envergure dans le Vieux Monde. Les stratèges et historiens anglo-saxons le comprennent parfaitement à l’heure actuelle : en langue anglaise, les ouvrages se multiplient, qui rappellent, explicitent et visent à réactiver cette politique de Trajan, mais dans le sens des intérêts américains, soit dans le sens d’une stratégie « désarticulante », mise en œuvre par une puissance étrangère à notre espace eurasien, qui n’a pas intérêt à voir notre espace civilisationnel se « membrer » (selon la terminologie de Richelieu et de Vauban), et se consolider de manière à être inexpugnable. Ce que Trajan avait conquis pour l’Europe, les Américains voudront le contrôler, à leur profit, en se positionnant sur tous les espaces stratégiques défensifs et offensifs des ennemis de Rome jadis. Ils projettent leur puissance actuelle au départ de la base de Diego Garcia, de la péninsule arabique, de la Corne de l’Afrique et de la Mésopotamie.

9 août 1938 : Mort à Biganzolo sur les rives du Lac Majeur en Lombardie du grand africaniste et préhistorien allemand Léo Frobenius, né à Berlin en 1873. Pour lui, la seule méthode valable en ethnologie est l’approche culturaliste et historique. L’évolution culturelle, pensait-il, se développe en trois stades. Frobenius a mené douze expéditions en Afrique entre 1904 et 1935. Parallèlement à sa connaissance profonde de l’Afrique noire, il était aussi un spécialiste de l’art préhistorique européen, ce qui le conduisit à effectuer des recherches sur les contreforts des Alpes, en Norvège et en Espagne. L’objectif de sa vie de recherches était de comprendre les lois qui ont présidé à la naissance des cultures humaines. Il a procédé à une classification des cultures humaines en “complexes culturels” (en all. : Kulturkreise), chacun de ces complexes étant une entité vivante, biologique, qui connaît trois âges : la jeunesse, la maturité et la sénescence. Chaque culture possède son “noyau”, son centre spirituel, son âme, qu’il appelait, en grec, la “paideuma”. Les Africains, qui admirent son œuvre, se réfèrent essentiellement aux trois volumes parus en 1912-13, Und Afrika sprach (Ainsi parla l’Afrique). Pour Frobenius, l’humanité a toujours connu des phases soudaines d’Ergriffenheit, de saisie émotionnelle et subite du réel, suivies de longues phases d’application. Les phases d’Ergriffenheit consistent à voir de manière soudaine les choses “telles qu’elles sont dans le fond d’elles-mêmes”, indépendamment de leur dimension biologique. Pour Frobenius, il est probable que l’idée d’ordre et d’harmonie soit venue d’une observation du ciel et des lois cosmiques, observation qui conduit à vouloir copier cet ordre et cette harmonie, en inventant des systèmes religieux ou politiques. L’arrivée de facteurs nouveaux impulse de nouvelles directions à ces systèmes. Les systèmes ne sont donc pas seulement les produits de ce qui les a précédé objectivement, factuellement, mais le résultat d’un bilan subjectif, chaque fois original, dont la trajectoire ultérieure n’est nullement prévisible. Frobenius met ainsi un terme à cette idée de nécessité historique inéluctable. Dans le cadre de la “révolution conservatrice” et de la tentative d’Armin Mohler de la réactiver, la vision de Frobenius a inspiré la fameuse conception sphérique de l’histoire, où la personnalité charismatique inattendue (que cette personnalité soit un homme, un peuple, une élite militaire ou civile) impulse justement une direction nouvelle, chaque fois imprévisible et, donc, diamétralement différente de la vision linéaire et vectorielle du temps historique, propre des progressismes, et de la vision cyclique, où il y a éternel retour du même, propre des visions traditionnelles figées.

11 août 1794 : Les Jacobins commencent à piller systématiquement les Pays-Bas autrichiens : un premier convoi quitte Anvers le 11 août 1794, notamment avec des toiles de Rubens. Destination : le Louvre. Abbayes et châteaux sont systématiquement vidés de leur contenu, mobilier et œuvres d’art. La Commission, dirigée par un certain Wicar, organise le pillage de manière militaire. Un autre Commissaire, un certain Laurent, fait enlever le 21 septembre les manuscrits de la Bibliothèque de Bourgogne de Bruxelles. Sept chariots quittent la capitale du Brabant pour partir vers Paris. Lors du Traité de Vienne en 1814, la France vaincue a été condamnée à tout rendre. On ne revit qu’une fraction infime de ces biens volés revenir sur leur site d’origine. Notamment, la Bibliothèque de Bourgogne n’est jamais revenue. Aucun gouvernement belge n’a eu le courage de réclamer ce qui nous est dû, tous les trésors qui sont nôtres. Toute politique identitaire devrait réclamer le retour des pièces subtilisées et, si le pouvoir lui échoit, faire condamner pour recel les personnes publiques, juridiques ou privées qui les détiennent. 

11 août 1678 : L’Espagne est obligée de céder, à la Paix de Nimègue (Nijmegen), les terres impériales de Franche-Comté, ainsi que les villes de Cambrai (Kamerijk/Kammerich), Maubeuge (Mabuse) et Valenciennes (Valencijn). Ypres (Ieper) est également cédée cette année-là mais sera récupérée ultérieurement. La frontière méridionale des Pays-Bas hispano-impériaux est totalement démembrée, précipitant le pays dans une fragilité stratégique fort problématique, qu’il conserve encore actuellement malgré les victoires du Prince Eugène, les tentatives de récupération par les feld-maréchaux wallons Clerfayt et Beaulieu entre 1792 et 1795, le Traité de Vienne de 1815, les promesses de Guillaume II et d’Hitler (via Wilhelm Stuckart), les espoirs de Léopold III ou certains projets de Roosevelt (qui voulait créer un Etat wallo-lorrain) ou les nostalgies infructueuses de Jo et Hervé Gérard. Ce “démembrement” est considéré comme un fait acquis et plus aucun diplomate, depuis le règne calamiteux de Baudouin I, n’ose revendiquer ce qui nous revient de droit. 

12 août 1843 : Naissance à Labiau en Prusse Orientale de Wilhelm Leopold Colmar, Baron von der Goltz, que les Turcs nommeront Goltz Pacha. Soldat dès l’année 1861, le Baron von der Goltz finit par enseigner l’histoire militaire à l’Académie des officiers à Berlin. Il théorise notamment l’idée de la nation armée, dans un ouvrage intitulé Das Volk in Waffen (1883). En 1883, on l’envoie pour la première fois en Turquie, afin d’y moderniser l’armée et de l’aligner sur les critères européens, plus spécifiquement prussiens. En 1897, les Turcs, forts de ses enseignements, battent les Grecs. En août 1914, il devient pour un bref laps de temps, gouverneur militaire de la Belgique occupée. Il est ensuite rappelé en Turquie en novembre 1914, pour y devenir l’aide de camp du Sultan Mehmet V. En 1915 et en 1916, malgré son âge déjà avancé, il bat les Anglais en Mésopotamie, obligeant le Général Townshend à capituler. Il meurt peu de temps après, officiellement du typhus, officieusement empoisonné par les Jeunes Turcs. L’histoire de ses campagnes en Mésopotamie revêt une importance intellectuelle aujourd’hui, avec les deux guerres du Golfe. 

13 août 1706 : Mort de l’homme d’Etat et diplomate russe Fiodor Alexeïevitch Golovine, serviteur de l’Empire, principalement sous le règne de Pierre le Grand. Sous la régence de Sophia Alexeïevna, demi-sœur et rivale de Pierre le Grand, Golovine part pour la région de l’Amour, avec pour mission de négocier avec les Chinois, ce qui aboutit à la signature du Traité de Nertchinsk qui fixe la frontière sino-russe sur le cours du fleuve Amour. Cette paix avec le Céleste Empire permet aux Russes de progresser en direction du Pacifique. Après cette mission, il participe, avec le grade de général, à deux campagnes contre les Ottomans dans la région de la Mer d’Azov, visant à donner à la Russie une fenêtre sur la Mer Noire et un tremplin vers Constantinople et les Détroits. Golovine accompagne Pierre le Grand lors de sa tournée en Occident, dont l’un des objectifs était de recruter des officiers de marine compétents pour la nouvelle flotte russe. Le destin de Fiodor A. Golovine nous oblige à réfléchir sur des enjeux stratégiques toujours actuels : la fenêtre pacifique d’un éventuel futur axe Paris/Berlin/Moscou, la nécessité de maintenir une présence forte en Mer Noire, la nécessité pour les puissances continentales de se doter d’une arme navale efficace. 

14 août 1941 : Churchill et Roosevelt signent la « Charte de l’Atlantique », au large de Terre-Neuve, et précisent les buts de guerre des deux grandes puissances anglo-saxonnes. En réalité, Churchill vend l’empire britannique aux Etats-Unis qui ne sont pourtant pas encore entrés en guerre,, aliène son indépendance et scelle l’alliance indéfectible des puissances anglo-saxonnes, non seulement contre l’ennemi allemand ou japonais mais contre le monde entier, contre toutes les velléités d’indépendance politique ou économique de toutes les puissances de la planète.

18 août 1869 : Naissance à Husum dans le Schleswig-Holstein du Comte Ernst zu Reventlow qui débuta sa carrière comme officier de la marine impériale allemande, pour la terminer comme écrivain politique et protagoniste du mouvement religieux a-chrétien de l’Allemagne des premières décennies de ce siècle. Il demeure un auteur important dans la mesure où il a défendu la nécessité, pour l’Allemagne (et partant pour toutes les autres nations européennes) de construire une flotte, capable de damer le pion à la flotte anglaise. Pendant la première guerre mondiale, il rédige un ensemble de textes, articles, essais et livres contre l’impérialisme britannique et contre la politique anglaise qui consiste à armer les peuples les plus faibles du continent contre la puissance hégémonique, de façon à détruire celle-ci et à plonger l’ensemble du continent dans le chaos et à le contrôler ainsi indirectement. Tous ces textes demeurent d’une actualité fondamentale et aident à comprendre les mécanismes de fonctionnement des impérialismes anglo-saxons. A noter aussi, dans ce vaste ensemble de textes, les avances voilées à la France que formule Ernst zu Reventlow, notamment en rappelant que la France a été, sous Napoléon, la première victime de ces politiques anglaises. La France de Louis XVI avait créé une flotte aguerrie, pour contrer les projets anglais sur les océans : elle a été détruite, comme le voulait l’Angleterre et comme la flotte de Tirpitz sera détruite à son tour. Ernst zu Reventlow a été clairvoyant : lors du Traité de Washington en 1922, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne impose à la France de réduire le tonnage de sa flotte à 175.000 tonnes, de façon à ce qu’elle ne puisse jamais s’opposer et s’imposer aux flottes anglo-saxonnes. Un million et demi de poilus ont donné leur vie pour une France puissante : quatre ans après la “victoire”, ses alliés lui coupent l’accès au large. L’alternative aérienne, tentée par Mermoz, Saint-Exupéry, etc., ne parviendra pas à contourner l’interdit fatidique de Washington, énoncé en 1922. Pendant la première guerre mondiale, la France n’a donc pas écouté cette voix allemande de la sagesse; gouvernée par des fous délirants, elle a dû sacrifier le meilleur de sa paysannerie, sa véritable substance ethnique, pour les mirages d’une idéologie illuministe, qui n’a jamais été qu’un instrument au service de l’Angleterre. En 1920, Ernst von Reventlow fonde la revue Der Reichswart et adhère ensuite à la Deutsche Glaubensbewegung de l’indianiste et sanskritologue Wilhelm Hauer (= Mouvement de la Foi Allemande). Pendant l’entre-deux-guerres, ses positions sont celles d’un “socialisme allemand”, prélude à une “Civitas Dei Germanica”. Ernst zu Reventlow était aussi le frère de Franziska zu Reventlow, la muse du Cercle de Stefan George et l’inspiratrice du philosophe Ludwig Klages. Il meurt le 21 novembre 1943 à Munich. 

19 août 1953 : Arrestation du leader nationaliste iranien Mossadegh, à l’instigation du Shah et des milieux pro-britanniques. Le Dr. Mossadegh avait voulu la nationalisation des pétroles iraniens, alors entièrement sous la coupe de consortiums anglais. Le Shah tentera la même politique dans les années 70, immédiatement avant sa chute, en appuyant les revendications de l’OPEP. Il espérait, avec les dividendes du pétrole, financer une « révolution blanche » et organiser une armée très puissante, à même de restaurer la puissance persane dans la région. Après la prise du pouvoir par les mollahs, on a tendance à prendre le dernier souverain iranien pour une marionnette américaine : il n’en est rien. Ses ambitions, légitimes, ont amené les services secrets américains à planifier sa chute. 

20 août 1528 : Mort à Mindelheim en Allemagne du grand capitaine de lansquenets et de reitres, Georg von Frundsberg, né en 1473, qui a servi la cause impériale, sous les empereurs Maximilien I et Charles V (Charles-Quint). Il est connu pour avoir donné une structure solide aux armées de mercenaires, nommés les “lansquenets”. Il en fit l’instrument de la puissance de Maximilien I dans ses guerres contre les rebelles suisses et vénitiens et contre les Français en Italie surtout. Il est l’un des artisans de notre victoire à Pavie en février 1525, qui a sauvé l’Europe de la tenaille franco-turque, en écrasant l’armée du roi dément et vaniteux, François I, qui voulait s’emparer de la Lombardie, tandis que les Turcs marchaient sur la Croatie. L’alliance des “Bandes d’Ordonnance” nobiliaires des Pays-Bas et des troupes populaires de lansquenets, issus surtout de la population paysanne, a fait merveille. Elle a combattu dans une situation difficile, contre les Français, le Pape Clément VII, les liguistes séditieux d’Italie du Nord, les Turcs de Soliman le Magnifique, les Protestants de la Ligue de Smalkalde. La solidité de ces troupes nobiliaires et populaires a empêché cette alliance objective d’effroyables félons, fauteurs de désordre au sein de notre civilisation, de triompher définitivement. On n’ose pas imaginer ce qu’aurait été l’Europe en cas de victoire totale de François I et de Soliman. 

20 août 1925 : Mort à Londres de Sir George Dashwood Taubman Goldie, l’homme qui établit la suprématie anglaise sur le cours du Niger et au Nigeria, dont on peut dire qu’il fut le créateur. On estime, avec le recul, qu’il est à l’Afrique occidentale anglaise ce que Cecil Rhodes a été pour le cône méridional du continent noir. En 1900, après avoir exercé les fonctions de gouverneur du Nigeria, Sir George Goldie perd tout intérêt pour l’Afrique et s’intéresse à la Chine, secouée par la révolte des Boxers. La biographie de Goldie et l’histoire de son action au Nigeria est importante aujourd’hui encore, à l’heure où Blair vient de lancer une offensive de charme en Afrique occidentale francophone, dans l’espoir d’accrocher à la locomotive anglo-américaine des Etats tra­di­tionnellement liés à la France. Les guerres civiles qui secouent certains pays ouest-africains devraient ob­li­­ger les géopolitologues et les diplomates à relire l’épopée de Sir George Goldie. 

20 août 1936 : Les milices ouvrières de Barcelone écrasent les militaires de la ville qui s’étaient alignés sur l’insurrection nationale de Franco. Barcelone tiendra jusqu’à la fin de la guerre civile. Mais, ce que les interprétations « mythologiques » de la guerre d’Espagne omettent souvent de mentionner, ce sont les faits de « guerre civile » dans la « guerre civile ». En effet, sous la pression communiste, qui voulait normaliser autour du PCE toutes les formations de gauche et d’extrême gauche, les milices du parti se heurtèrent violemment aux anarchistes ibériques et aux trotskistes du POUM (Parti Ouvrier d’Unification Marxiste). Des haines inassouvies au sein des gauches persistent encore à l’heure actuelle, suite à ses atrocités fratricides qui ont eu lieu à Barcelone pendant la Guerre civile espagnole. Pour la petite histoire : quand Charles Picqué, dans sa commune de Saint-Gilles, avait voulu célébrer le soixantième anniversaire, en 1996, des premiers départs de Bruxelles pour les Brigades Internationales, des anciens s’étaient copieusement injuriés, en étaient presque venus aux mains. Le clivage qui les séparait : une adhésion au communisme « mouscoutaire » ou une option trotskiste. 

20 août 1988 : Le cessez-le-feu entre l’Iran et l’Irak entre en vigueur après une guerre terrible de huit ans qui aura fait plus d’un million de morts. L’objectif de cette guerre était d’affaiblir les deux puissances antagonistes de façon à ce qu’aucun « hegemon » ne puisse régenter le Moyen-Orient. 

22 août 408 : Le général vandale Flavius Stilicon, qui avait commandé avec succès les armées romaines d’Occident, puis s’était allié aux Wisigoths pour conjurer le danger hunnique, est assassiné sur l’ordre d’un empereur inconscient et dégénéré, qui estime opportun de ne pas laisser d’initiative aux Germains fidèles à l’Empire, car celui-ci pourrait se retrouver ipso facto consolidé mais germanisé. Stilicon était, en son temps, le seul militaire capable de redresser la situation, en unissant sous son autorité, les peuples européens, toutes souches confondues. En 410, les Wisigoths le vengent en pillant Rome, mais l’empereur Honorius n’en a cure : il réside ailleurs. L’assassinat de Stilicon, puis la chute de Rome, prouvent, qu’à partir du moment où le Hun, menace nouvelle et imprévue, est aux frontières, Rome ne peut survivre que grâce à l’apport militaire germanique et à l’unité indéfectible de tous les peuples de souche européenne. C’est dans cet état de choses tragiques qu’il faut voir l’amorce de la future « translatio imperii ad Germanos », qu’Honorius n’a pas voulu voir advenir à temps. Les vieux romains dégénérés, qui animaient le parti anti-germanique dont les manigances furent fatales à Stilicon, prouvèrent, deux ans plus tard, qu’ils ne pouvaient plus défendre Rome.

23 août 1328 : La révolte de Nicolaes Zannekin, chef des paysans révoltés du littoral flamand, est écrasée par le Comte de Flandre, Louis de Nevers, qui a appelé à son secours les troupes du Roi de France. C’est la fin d’une identité particulière : celle d’une souche saxonne soumise, bon gré mal gré, aux Francs, le long de la portion septentrionale du « Litus saxonicum », qui va de l’estuaire de l’Escaut à hauteur de Flessingue jusqu’à celui de la Somme, où des tribus saxonnes s’étaient installées avant de prendre pied en Grande-Bretagne. Dans une perspective « folciste » (c’est-à-dire centrée sur le peuple), cette défaite s’inscrit dans une radicalisation anti-populaire du féodalisme, qui se mue graduellement, en France, en un absolutisme royal, dont les alliés sont les patriciens et les marchands des villes, provoquant la révolte de ceux qui voient leurs libertés ancestrales bafouées, comme la plèbe appauvrie, mais relevant en dépit de son indigence matérielle de la « dignitas » citoyenne, au temps des Gracches. Ailleurs en Europe, des révoltes similaires ont ponctué l’histoire au 14ième siècle.

23 août 1939 : Au nom du Groupe d’Oslo, une structure assez informelle rassemblant les Etats du futur Benelux et les trois monarchies scandinaves, le Roi Léopold III lance un appel à la Paix, pour éviter un nouveau carnage en Europe. Il ne sera pas écouté et les dirigeants français et britanniques, épaulés par une presse sordide et aux ordres, ne cesseront de vilipender le souverain et sa politique de neutralité, ce qui conduira à son abdication en 1950. 

24 août 1848 : Inauguration à Bruxelles de la Statue de Godefroid de Bouillon, chef de la première Croisade. L’œuvre martiale et romantique, qui a un élan et un mouvement peu habituels pour les plastiques de son époque, est due au ciseau du sculpteur liégeois Eugène Simonis. Cet artiste en donnant à sa statue cet élan et ce mouvement rompt avec les académismes de son temps, et annonce ainsi certaines intuitions de Marinetti, le leader des futuristes italiens, qui reprochait aux académismes d’être trop figés. Placée dans le décor classique de la Place Royale sur le Coudenberg à Bruxelles, cette statue équestre forme un contraste intéressant, bien remis en perspective par les travaux récents de réaménagement de la place. Notons que le lobby multiculturel, dont la barbarie et l’esprit iconoclaste n’est plus à démontrer, a osé envisager de déboulonner cette œuvre et de la remiser loin des regards, Godefroid de Bouillon étant, à ses yeux, un « colonialiste » et un « assassin » coupable de crimes contre l’humanité, alors que la probité de ce chef de guerre, son ascétisme, sa modestie et son humilité lui conférèrent réellement un statut de sainteté. Le mouvement identitaire et démocratique se doit de défendre cette œuvre contre la barbarie insensée qui se déploie dans notre ville aujourd’hui, parmi les édiles inqualifiables qui la gouvernent et qui se sont recrutées dans les partis socialiste et écolo. Car s’il fallait jeter bas cette statue, il faudrait aussi débaptiser la place et la station de métro qui portent le nom de son créateur… Et, une fois de plus, ouverte la boîte de Pandore, rien n’arrêtera plus les zélotes haineux du « politiquement correct ». 

27 août 1557 : Victoire écrasante de Philibert de Savoie et de Lamoral d’Egmont à Saint-Quentin contre les Français de Henri II. Philibert commandait une armée composée d’Allemands, de Wallons, de tercios espagnols et de mercenaires anglais. Le Comte d’Egmont était à la tête des « Bandes d’Ordonnance » des Pays-Bas, troupes d’élite fondée par les Ducs de Bourgogne et où servaient exclusivement les nobles de nos régions. Cette formation, bien commandée par d’Egmont, a détruit l’arrière-garde française et fait canonner le reste de la horde en déroute, bloquée sur ses avants par le Duc de Savoie. Henri II, parjure et félon comme son prédécesseur François I, avait trahi les clauses de la Paix de Valenciennes (février 1556). Le Duc impérial de Savoie avait décidé de punir cette entorse au droit et cette infâme rébellion à l’encontre de la légitimité impériale européenne. L’année suivante, le 13 juillet 1558, les troupes d’Egmont, composées cette fois de milices urbaines flamandes et de cavaliers espagnols, écrasent une nouvelle fois les Français du Maréchal de Termes à Gravelines, repoussant celles-ci sur les plages, où les canonnent les navires anglais, alliés à l’époque à l’Espagne. Charles-Quint, qui est sur le point d’abdiquer, vient de protéger la frontière méridionale des Pays-Bas.

29 août 1848 : L’armée boer de l’Etat libre d’Orange est écrasée par les Britanniques à Boomplaatz, ce qui conduit à inclure ce territoire dans l’empire britannique, qui ne tolère aucune autre présence européenne dans l’espace hautement stratégique qu’était et demeure l’Afrique australe. Tout le 19ième siècle sera le théâtre d’un long conflit entre les républiques libres protestantes, composées de paysans néerlandais, bas-allemands et huguenots et l’empire britannique. Ce conflit atteindra son point culminant lors de la Guerre des Boers (1899-1902), où les opinions publiques européennes soutiendront avec passion les adversaires des Britanniques.

30 août 1934 : Mort à Munich du Baron Ernst von Wolzogen, considéré comme le fondateur du cabaret allemand, imité du cabaret parisien, notamment par la fondation du Cabaret “Überbrettl” à Berlin en 1901. Ses romans et ses pièces de théâtre relèvent du même style : humour, rire et légèreté. Avant de marquer l’histoire des lettres allemandes par la fondation de ce cabaret, Ernst von Wolzogen avait étudié la philologie germanique, la philosophie et la biologie à Strasbourg et à Leipzig. Tous ses romans sont empreints d’humour et se déroulent, le plus souvent, dans la bonne société aristocratique. Rapidement von Wolzogen acquiert un vaste public et son théâtre connaît un succès fou dans toute l’Allemagne. On doit le mettre en parallèle avec deux autres grands écrivains et cabaretistes allemands : Otto Julius Bierbaum (1865-1910) et Frank Wedekind (1864-1918). Bierbaum participera à la revue satirique Pan de Munich (la revue satirique bruxelloise Pan, après 1945, doit son nom à cette publication munichoise), ensuite au cabaret de Wedekind, “Die Elf Scharfrichter”, et, enfin, à la célèbre revue satirique Simplicissimus (dont Robert Steuckers a brossé brièvement l’histoire et énuméré les positions politiques dans sa conférence sur la vie culturelle munichoise de 1890 à 1914, lors de l’Université d’été de “Synergies Européennes”, en Allemagne, en août 2002). Wedekind deviendra ce révolu­tion­naire excentrique, à l’humour plus pessimiste, plus noir, qui influencera le théâtre allemand de ce siècle. Ar­min Mohler considère Ernst von Wolzogen comme une figure de la révolution conservatrice car, outre ses sa­ti­res et ses œuvres relevant des variétés, il a également été un pamphlétaire folciste (= völkisch), critique du chris­tianisme et théoricien d’une religiosité autochtone, qu’il voulait “germanique et faustienne”. Dans l’espace lin­guistique francophone, ceux qui n’ont que le mot “révolution conservatrice” à la bouche escamotent en gé­né­ral cette dimension fondamentale de leurs horizons, condamnant du même coup la “révolution conserva­tri­ce” à n’être qu’une sinistre parodie à relents militaristes. 

31 août 1795 : Un décret du Comité de Salut Public, qui gère nos pays à la suite de l’invasion jacobine, annonce que les anciennes principautés des Pays-Bas espagnols puis autrichiens seront supprimées et remplacées par des « départements » comme en France. Le tracé de ces départements a donné ultérieurement les « provinces » de l’Etat belge. Pour reprendre la terminologie du contestataire occitan Robert Lafont, il s’agit de « daller » le territoire, d’oblitérer ces réalités géographiques, historiques, culturelles et linguistiques au profit d’une pensée purement administrative. Georges Gusdorf, de l’Université de Strasbourg, parlera de « géométrisme révolutionnaire ». Il s’agit effectivement d’une démarche visant à faire du passé table rase et à détruire des acquis, des modes de vie, des systèmes de droit né de l’histoire et de l’évolution lente des choses. Si dans la partie flamande du pays, le tracé des nouveaux départements épouse plus ou moins des frontières traditionnelles, en Wallonie, en revanche, des départements comme celui de Jemappes (le Hainaut), celui de l’Entre-Sambre-et-Meuse (Namur) et de l’Ourthe (Liège) ne correspondent à rien d’ancien. Seul le département des Forêts, regroupant l’ancien Duché de Luxembourg, correspondait au territoire de ce grand duché impérial du moyen-âge. Il est actuellement scindé entre la province wallonne du Luxembourg et le Grand-Duché. Il demeure amputé de la région de Montmédy et de celle de Thionville (Diedenhofen), au profit de la France, de celles de Bitburg et de Prüm, au profit de l’Allemagne (Land de Rhénénie-Palatinat).

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