dimanche 1 décembre 2013

Ephémérides de décembre

Ephémérides de décembre


2 décembre 1920 : Les Turcs vainqueurs et les Arméniens vaincus signent le Traité de Gümrü. Indépendante après l’effondrement de la Russie tsariste, l’Arménie a cherché à prendre les territoires que lui accordait en théorie le Traité de Sèvres (10 août 1920), comprenant les villes de Trébizonde/Trabzon et Erzurum. L’armée arménienne passe à l’offensive en septembre 1920, à un moment où la Turquie résiduaire est secouée par des dissensions internes (nationalistes contre gouvernementaux, clans nationalistes entre eux). Mustafa Kemal donne l’ordre au Général Kazim Karabekir de monter une contre-attaque, qui s’avèrera efficace. Les Turcs reprennent Kars, qu’ils avaient dû abandonner à la Russie (et donc à l’Arménie) en 1878. Les Britanniques et les Américains laissent faire, car, dans leurs calculs, il faut éloigner toute puissance orthodoxe, petite ou grande, des côtes de la Méditerranée orientale. Qui plus est, le territoire donné aux Arméniens à l’occasion du Traité de Sèvres, comprenait une portion importante du littoral de la Mer Noire, désenclavant le pays. Par ailleurs, la “République d’Arménie”, prévue à Sèvres en août 1920, s’étendait au-delà du Lac de Van et se rapprochait du cours du Tigre et de la région de Mossoul. Plus tard, dans la même logique, les Britanniques allaient lâcher les Grecs et provoquer la tragédie du génocide infligé à la population grecque de Smyrne (Izmir). En effet, les bâtiments de la Royal Navy, mouillant dans la rade de Smyrne, ne bougent pas, ni pour empêcher les Turcs de prendre la ville grecque, ni pour secourir les civils fuyant la ville en flamme. Massés sur les quais les fuyards entendent une musique qui monte de la rade: la fanfare d’un cuirassé anglais n’a pas annulé son concert!

4 décembre 1795 : Naissance à Ecclefechan en Ecosse de Thomas Carlyle, historien, critique littéraire, écrivain et polémiste, fils d’un maçon-paysan, éduqué selon les principes rigoureux du puritanisme écossais. Il étudie, malgré ses origines très modestes, à l’Université d’Edimbourg les mathématiques et les langues anciennes. Il vit d’abord une vie assez misérable de précepeteur et d’écrivain public, avant d’épouser Jane Welsh en 1826, qui lui apporte, avec sa dot, la sécurité matérielle. Carlyle est l’homme qui fit le pont entre les romantiques allemands et la pensée anglaise, grâce à ses traductions et ses conférences (dont rien n’a été retransmis à l’instar de celles, sur le même sujet, de Coleridge). Mis à part son roman Sartor Resartus, où il vante l’héroïsme nécessaire à toutes les grandes choses, politiques et autres, ses œuvres littéraires et poétiques trouvent peu d’écho. Il acquerra la célébrité avec un gros ouvrage sur la révolution française, publié en 1837 à Londres. Sa thèse était de dire que la révolution était un sursaut vital face à un système pourri et décadent. En ce sens sa pensée n’était pas réactionnaire ni “géométrique-révolutionnaire”, mais vitaliste-révolutionnaire.


Il poursuit ensuite ses recherches et ses réflexions sur la notion de héros. Pour lui, la figure héroïque par excellence est Frédéric II de Prusse. Il restera germanophile jusqu’à sa mort. Le héros de Carlyle est magnanime et prend les faibles sous sa protection. L’héroïsme et la force, qui en est la base, impliquent le devoir de protection et l’idée de service. Pour Carlyle, l’histoire est un processus continuel de maturation et de construction d’institutions, de corps intermédiaires, de corporations, de communautés humaines. Dans ces “faits vivants d’histoire”, une mémoire ancestrale s’est accumulée au fil des temps et tout régime cohérent se doit de la respecter. En conséquence, Carlyle affirme que l’histoire “est la seule étude qui englobe toutes les autres”. L’homme est animé, en ses tréfonds, par des forces religieuses, mythiques et politiques (l’amour de la patrie), qui, conjuguées, forment une “foi”, qui structure les esprits et les cœurs; sans cette “foi”, l’homme tombe en décadence et est ravalé au rang d’animal. Carlyle s’intéressait en ce sens au moyen âge mais se gardait bien de vouloir le restituer tel quel, en réponse au matérialisme dissolvant de son époque. Il fustigeait l’utilitarisme de Bentham, ainsi que l’égoïsme de l’aristocratie anglaise. Il préconisait, pour l’Irlande notamment, d’exproprier les terres inutilisées et de les distribuer aux classes démunies. Il se moquait du parlementarisme et plaidait pour un exécutif fort. Il meurt à Londres le 5 février 1881.

6 décembre 1937 : Le Président Franklin Delano Roosevelt condamne officiellement l’intervention japonaise en Chine, craignant, à juste titre de son point de vue, la formation, sous la direction de l’hegemon japonais, d’un grand espace autarcique est-asiatique. La politique des Etats-Unis, depuis la grande avancée en 1848 vers le Pacifique au détriment du Mexique, a toujours été de s’emparer du marché chinois. L’expansion japonaise rendait cet espoir vain, d’où la volonté de Roosevelt de détruire l’Empire du Soleil Levant. Le 12 décembre 1937, les militaires japonais, furieux de cette immixtion intempestive d’une puissance totalement étrangère à l’espace est-asiatique, ouvrent le feu sur des cannonières britanniques et américaines au large de Nankin. Londres et Washington montent l’incident en épingle. Le 14 décembre, les troupes japonaises entrent dans Nankin et procèdent à un massacre de leurs adversaires. Ce débordement est toujours monté en épingle aujourd’hui, systématiquement rappelé, afin de semer la discorde entre les puissances d’Extrême Orient, pour qu’aucune nouvelle “zone de co-prospérité est-asiatique” ne puisse encore émerger.

11 décembre 1582 : Mort à Lisbonne du Duc d’Albe, alias Fernando Alvarez de Toledo, qui a laissé dans nos régions un exécrable souvenir. Pourtant, l’objectivité nous force à rappeler qu’il a été le commandant suprême de l’armée impériale (Saint-Empire) et qu’il a, grâce à ses talents de stratège et l’excellence de sa cavalerie, vaincu les mutins protestants à Mühlberg en 1547, qui étaient, il faut l’avouer, de très dangereux séditieux, au moment où Français et Turcs, alliés, menaçaient l’avenir de l’Europe.

Il devient gouverneur des Pays-Bas immédiatement après les ravages exercés par les bandes calvinistes qui détruisaient les œuvres d’art, sous prétexte qu’on ne pouvait pas représenter le visage humain. En ce sens, les calvinistes sont les prédécesseurs des sans-culottes et des talibans. La réputation excécrable du Duc d’Albe vient de sa volonté de centraliser le gouvernement de nos régions, toujours allergiques à ce type de politique, et de lever des impôts de manière plus rationnelle. En voulant imposer cette double politique, il a dressé contre lui l’ensemble de la population ainsi que la noblesse, alors que celle-ci serait restée fidèle au Saint-Empire et à une religion catholique non fanatique, comme le postulait Erasme. Malgré ses talents militaires, le Duc d’Albe a perdu la partie dans les Pays-Bas; il n’a pas pu endiguer les progressions des “Gueux”. En novembre 1573, il doit céder ses pouvoirs à Requesens et quitte nos régions le 18 décembre 1573. En 1580, il conquiert le Portugal et c’est dans ce pays qu’il meurt en 1582.

12 décembre 1835 : Naissance à Halberstadt d’Adolf Stoecker. D’origine modeste, cet homme politique social-conservateur, non libéral, luthérien, devient, dans un premier temps, le précepteur des enfants de nombreuses familles aristocratiques, notamment en Courlande dans le Baltikum. Il finit par devenir l’un des prédicateurs de la cour royale de Prusse à Berlin. Il est confronté aux problèmes de son époque : déchristianisation graduelle des masses, difficulté de concilier religion et politique, église et Etat, question ouvrière, montée du socialisme organisé, etc. Pour faire face à cet ensemble complexe de problématiques nouvelles, Stoecker fonde en 1878 un “Parti ouvrier chrétien-social”, dont il prend la tête. Il ne connait guère de succès. Il fusionne ensuite avec la “Deutschkonservative Partei”, dont il devient une composante. Sa cible n’est plus tant le socialisme que l’”esprit juif”, qu’il rend responsable de la déchristianisation, de la sécularisation, du libéralisme et du matérialisme économiciste. Stoecker développe ainsi un antisémitisme social, chrétien et anti-libéral. Il perd successivement le soutien de Bismarck et du Kaiser Guillaume II. Mais malgré ces revers, il garde la confiance de ses électeurs et reste député du Reichstag. Il meurt en février 1909.

18 décembre 1789 : Entrée triomphale à Bruxelles de Hendrik van der Noot et du prêtre fanatique Pieter Jan Simon van Eupen, né en 1744. Cet intrigant a été l’instigateur de la peu reluisante “révolution brabançonne” de 1789 contre le pouvoir impérial légitime. Il dresse les esprits simples, bigots et bornés, contre les réformes de l’Empereur Joseph II, qui était toutefois assez maladroit. Mais la farce sera de courte durée : nommé ministre des affaires étrangères des éphémères “Etats-Belgiques-Unis”, il tentera de nouer des accords boiteux avec les puissances voisines. Mais il s’occupera plutôt des affaires intérieures en combattant les alliés “éclairés” de son parti, qui relève d’un catholicisme, schématique, passéiste et particulariste. Sa cible favorite était Vonck, chef de file des “illuminés” flamands, modérés mais indécis, aux discours fumeux. Il n’aura de cesse de les combattre, plongeant la jeune “république” réactionnaire dans un chaos indescriptible et l’ingouvernabilité. En 1790, les troupes impériales rétablissent l’ordre et le chanoine van Eupen se replie, ventre à terre, dans les Provinces-Unies (Pays-Bas du Nord), où il mourra oublié en 1804. Les tribulations de van Eupen sont l’exemple d’école pour montrer l’incapacité de ce démocratisme intégriste populacier —dont les démocrates-chrétiens, les zeelandistes/pierlotistes, le belgicanisme pseudo-catholique étriqué/particulariste et le mouvement syndicaliste chrétien sont indirectement les héritiers— à gouverner les Pays-Bas impériaux (devenus la “Belgique”) et même à dégager des principes cohérents de gestion politique. Une éthique de la conviction particulièrement nocive.

18 décembre 1941 : Les nageurs de combat italiens sous les ordres du Prince Valerio Borghèse pénètrtent dans le port d’Alexandrie et fixent des mines sur les flancs des deux derniers cuirassés britanniques de la Méditerranée à cette époque-là de la deuxième guerre mondiale, le Queen Elizabeth et le Valiant.
L’opération a été menée par le jeune Lieutenant Luigi Durand Della Penne (cf.:
http://www.geocities.com/CapitolHill/9226/eroi.html ). Capturés avant l’explosion de leurs charges, les nageurs italiens refusent de parler aux officiers britanniques qui les interrogent, ce qui permet la destruction effective des deux imposants navires de guerre. Winston Churchill a admiré cette action de ses ennemis italiens et jugé l’entreprise à sa juste mesure, car, constatait-il, la flotte britannique a été privée de ses deux principaux bâtiments en Méditerranée, alors qu’au même moment les Italiens en possèdaient encore quatre ou cinq équivalents.

18 décembre 1970 : Mao-Tsé-Toung accueille à Pékin l’écrivain américain Edgar Snow, reporter en Asie dans les années 30 et 40, sinologue averti, et lui transmet une invitation pour Richard Nixon. Cette visite de Snow (cf. http://www.spartacus.schoolnet.co.uk/USAsnowE.htm ) a été le préliminaire de la fameuse réconciliation sino-américaine de 1972, dirigée en fait contre l’URSS. Cet alignement de la Chine communiste sur la politique américaine a mis un terme à l’idée d’une solidarité idéologique entre puissances communistes, au profit de vieilles logiques géopolitiques. A partir du moment où les accords sino-américains sont signés, le retour de la géopolitique dans les débats en politique internationale a été un fait. On ne soulignera jamais assez l’importance de cette réconciliation pour le nouvel essor des disciplines géopolitiques. Snow n’a jamais fait que reprendre la politique d’unifier les forces chinoises préconisée, sur ordre de Truman, par le Général Marshall, au moment de l’affrontement entre Mao et Tchang-Kai-Tchek.

23 décembre 1862 : Naissance à Verviers, Province de Liège, d’Henri Pirenne, historien, professeur aux Universités de Liège et de Gand.
Sa réputation internationale vient de son ouvrage sur le haut moyen âge, Mahomet et Charlemagne, et de ses études sur l’évolution des gouvernements urbains à l’époque médiévale. En Belgique, sa notoriété lui vient plutôt des sept volumes sur l’histoire du pays qu’il a publié de 1900 à 1932. Son objectif était de prouver une sorte de continuité nationale avant la lettre, ce qui amena une pléiade d’historiens, surtout flamands, à contester ses thèses. Son fils Jacques, né à Gand en 1891, sera professeur à Bruxelles, ensuite secrétaire particulier du roi Léopold III en pleine crise de la monarchie au lendemain de la défaite du Reich en 1945. Cette fonction lui attirera la haine des gauches, en particulier des socialistes, alliés des Américains et des Britanniques, dans leur volonté d’éliminer un monarque qui ne leur était pas à 100% favorable et qui avait, en 1935, refusé d’honorer les dettes faramineuses imposées par les Etats-Unis et leurs banques à la Belgique. Après ces turbulences, Jacques Pirenne écrira Les grands courants de l’histoire universelle (quatre volumes publiés entre 1944 et 1950), ouvrage important, solidement étayé, ouvrant d’intéressantes perspectives d’ordre géopolitique.

23 décembre 1930 : Révolte islamiste contre le pouvoir d’Ataturk à Menemen au Nord de Smyrne. Des islamistes regroupés au sein de la confrérie des Naksibendi, refusent l’abolition du califat, la fermeture des couvents de derviches, le code civil, les réformes laïques et le port du chapeau (une impiété en terre d’islam). Un groupe armé s’empare de la bourgade de Menemen. Le commandant de la région envoie un sous-lieutenant, du nom de Kubilay, pour négocier avec les rebelles. Le malheureux est abattu, décapité à l’aide d’une scie. On boit son sang et on attache sa tête au sommet d’une hampe de drapeau. L’assaut est donné : les insurgés islamistes sont abattus ou prennent la fuite.

23 décembre 1948 : Après le procès des “criminels de guerre” de Tokyo, le Général Hideki Tojo, commandant suprême des troupes japonaises pendant la seconde guerre mondiale, est pendu. 

Dans la biographie récente que lui consacre l’historien américain Edwin P. Hoyt (“Warlord – Tojo Against the World”, Cooper Square Press, New York, 2001, ISBN 0-8154-1171-5), ce dernier explique, dans deux des chapitres de cet ouvrage, quels étaient les linéaments de la “Voie Impériale” (“Kodo Ha”), préconisée par Tojo, et quel était son rêve d’une “Asie unifiée”. Une politique de “grand espace” qui contrecarrait les projets énoncés dès 1848 au Congrès américain, immédiatement après l’annexion de la Californie. Le théoricien auquel Tojo se référait était un universitaire diplômé de l’Université de Moscou, Masayoshi Miyazaki, responsable de l’organisation des chemins de fer en Mandchourie, prolongement du Transsibérien russe. Pour Miyazaki, une Union Asiatique devait voir le jour regroupant au moins la Chine, le Japon et le Mandchoukuo. L’armée reprendra à son compte cette vision, qu’on allait appeler le “Gumbatsu” au Japon, programme qui prévoyait de résister au communisme (mais sans conflit avec l’URSS), de remplacer partout l’influence britannique en Asie, de résister à la politique américaine de pénétration des marchés extrême-orientaux, la fameuse “Open Doors Policy”. La condamnation et l’exécution de Tojo exprime la volonté de ne plus jamais voir émerger une “Voie Impériale” dans cette région du monde, basée sur les idées de Masayoshi Miyazaki.

24 décembre 1928 : Mussolini impose une loi sur la “conquêtes des terres nouvelles”, visant à rentabiliser les espaces en friche de la péninsule italienne. Cette mesure visait plusieurs objectifs: amorcer une politique de “colonisation intérieure”, mettre un terme à l’hémorragie migratoire du peuple italien, dont beaucoup de ressortissants étaient contraints de partir pour les Etats-Unis ou l’Argentine par manque d’espace agricole, maintenir une population suffisamment nombreuse pour amorcer un cycle de production-consommation national, garder des réserves de main-d’œuvre et de soldats, accentuer l’autonomie autarcique de l’Italie et diminuer la dépendance alimentaire du pays. La mise en pratique de cette politique a été nommé la “bonification intégrale” et entendait aménager 5.700.000 ha en dix ans. Le maître d’œuvre de ces grands travaux publics de défrichement a été l’ingénieur Arrigo Serpieri [cf. Prof. Enrico Ruffini, “La vita e l’opera di Arrigo Serpieri”, sur http://bellquel.bo.cnr.it/scuole/serpieri/chiera.htm ; de même le texte intéressant du “Museo della Scienza del Grano”, intitulé “I progetti autarchici di Mussolini e le posizioni di Arrigo Serpieri”, sur http://www.musgra.it/museo/storia/18/scheda-18_1.html ]. 78.000 familles rurales bénéficieront de cette politique et acquerront ainsi des terres arables. La réalisation la plus connue de ce vaste projet a été l’assèchement des Marais Pontins à proximité de Rome. Cette région sinistre propageait la malaria depuis le temps de la Rome antique et 6000 réfugiés lorrains, contraints d’abandonner leurs terres confisquées, après l’invasion française au 18ième siècle, tenteront d’y apporter remède avec de faibles moyens et y laisseront, pour la plupart, la vie. Une page oubliée du génocide perpétré par la France contre les “Romans impériaux” (le “Reichsromanentum”), après celui des Francs-Comtois un siècle auparavant. Un sort auquel les Wallons ont échappé.

28 décembre 1946 : Les Français proclament la loi martiale sur tout le territoire indochinois sous leur contrôle. L’environnement extrême-oriental de l’époque le postulait : le Général américain Marshall, qui avait tenté de réconcilier Mao et Tchang Kai Tchek, avait échoué et la Chine basculait dans une guerre civile acharnée entre communistes et nationalistes. Les Soviétiques avaient évacué la Mandchourie, après en avoir détruit toute l’infrastructure industrielle, officiellement pour ne pas qu’elle tombe aux mains des Américains ou de leurs alliés, en réalité pour créer un cordon sanitaire entre une future Chine réunifiée et la Sibérie orientale. Mais la situation est globalement favorable à Mao, qui tient les campagnes et isole les soldats du Kuo-Min-Tang dans les villes. Cette situation peut encourager les communistes indochinois à imiter le modèle de leurs homologues chinois, au détriment des Français.

31 décembre 1846 : Naissance à Amsterdam du futur leader socialiste hollandais Ferdinand Domela Nieuwenhuis.

Il commence sa carrière comme prédicateur luthérien mais passe bien vite au socialisme et abandonne l’église réformée. En 1879, il fonde le premier journal socialiste néerlandais, Allen Op [= Tous debout!]. Il milite pour le suffrage universel et devient ensuite le premier député socialiste au Parlement des Pays-Bas. Lorsqu’il n’est pas réélu en 1891, il soumet le système parlementaire à une critique serrée et encourage ses camarades socialistes à ne plus participer aux élections. Comme Sorel plus tard en France, il préconise la grève générale. Le mouvement socialiste néerlandais le suit partiellement dans ses réflexions et refuse de participer aux élections de 1894. Comme tous les partis socialistes de l’époque, la “Ligue des Socialistes” des Pays-Bas (“Socialistenbond”) subit un processus de “bonzification”, ainsi que le nomma Roberto Michels, qui l’amène à refuser à la longue les positions intransigeantes de Domela Nieuwenhuis. Celui-ci n’en a par pourtant démordu : déçu par l’alignement des socialistes sur les critères de la politique bourgeoise, il fonde un nouveau mouvement, plus organique et plus libertaire, qui s’exprime dans une nouvelle publication, De Vrije Socialist [“Le Socialiste Libre”]. Cette évolution “organique” du socialisme hollandais avait attiré l’attention de l’éditeur allemand Eugen Diederichs, qui avait laissé une place de choix aux écrits de Domela Nieuwenhuis dans ses collections dédiées aux formes nouvelles de renouveau politique. Il meurt le 19 novembre 1919 à La Haye et ses obsèques donnent lui à un énorme mouvement de foule : des dizaines de milliers d’ouvriers néerlandais se sont massés sur le passage du cortège funèbre pour rendre hommage à ce socialiste de cœur, qui a refusé la “bonzification” et l’embourgeoisement, tares indélébiles, depuis lors, des formations sociales-démocrates.

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